L’analyse des pratiques professionnelles est une pratique qui vise, en collectif, à analyser une situation vécue par un·e professionnel·le et qui pose question. Centrée sur les professionnel·les, la verbalisation de leurs pratiques et l’accompagnement de leurs postures professionnelles, elle permet de sortir de l’emprise de la situation pour avoir une prise sur elle.
Elle s’appuie sur cette conviction :
« La connaissance ne se développe et ne s’explicite que lorsqu’on réfléchit sur son action ».
(Maela Paul, Accompagner la problématisation des situations professionnelles, Deboeck Supérieur, 2022)
Depuis leur émergence en France, dans les années 50, les séances d’analyses des pratiques professionnelles étaient conduites par des psychanalystes, des psychiatres, des psychologues ou des psychothérapeutes pour des professionnel·les du soin ou de travail social (assistant·es sociales).
Aujourd’hui, si elles conservent comme public cible les professionnel·les du lien social, elle s’ouvre néanmoins à d’autres métiers que celui du soin ou de l’assistance social et tend à se légiférer (depuis 2021, l’analyse des pratiques professionnelles est devenue obligatoire en établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE) et en relais petite enfance (RPE)).
Alors se posent les questions de savoir à quoi correspondent les séances d’APP et pour les managers de savoir quel intervenant choisir ?
En s’ouvrant à d’autres pratiques professionnelles, elles répondent aussi à d’autres besoins et ne sont plus réservées aux métiers de psy. Elles peuvent d’ailleurs s’insérer dans des formations pour travailler les postures professionnelles. Ainsi, (et en dehors des EAJE et des RPE), le choix est vaste : psychologues, travailleur·euses sociaux expérimenté·es, formateur·ices professionnels d’adultes, coachs, …
Si la volonté de l’équipe est de comprendre l’inconscient au travail, l’analyse des mouvements transférentiels et contre-transférentiels des praticiens, une approche thérapeutique sera nécessaire.
Si l’équipe souhaite travailler sur le contexte institutionnel, le coaching d’équipe peut être la méthode adaptée.
Par contre s’il s’agit de rechercher le sens, de se questionner sur l’éthique, sur le cadre des missions effectuées, une approche par activité professionnelle peut être appropriée. Ce sont ici les valeurs, représentations, normes, croyances qui seront l’objet du travail d’exploration dans les groupes d’analyse de la pratique.
L’analyse de pratique aura alors une triple intention :
- Formative. Elle développera l’expertise
- De transformation et d’évolution des pratiques : professionnalisation des acteurs et évolution des postures et gestes professionnels
- De production de connaissances sur les pratiques
A l’arbrapal …
A L’arbrapal, les séances d’analyses des pratiques sont privilégiées auprès des professionnel·les ayant une activité auprès des jeunes ou sur des questions de santé ou de formation : animateur·ices jeunesses, conseiller·ères en insertion professionnelle, informateur·ices jeunesses, formateur·ices ou animateu·ices santé.
La posture de l’intervenante est celui d’une formatrice-facilitatrice et s’appuie sur 3 objectifs opérationnels :
- Analyser une situation
- Formaliser des savoirs et s’approprier de techniques
- Construire une culture commune
Sa méthodologie se développe en 6 phases dans lesquelles le groupe se centre sur la question d’un·e professionnel·le (Un dispositif d’analyse de pratiques centré sur la question que se pose le narrateur, Nadine Faingold in La revue de l’Analyse de Pratiques Professionnelles ) :
- Choix de situations
- Récit de la situation et définition de la problématique du·de la professionnel·le
- Phase des questions par les membres du groupe
- Elaboration des hypothèses pour répondre à la problématique exposée
- Retour au narrateur et nouvelles perspectives
- Vécu des membres du groupe

